Colloque CFCE

Développer les stratégies et les outils technologiques de l’exportation

Nous savons maintenant très clairement que les technologies de l’information estompent les frontières entre ce qui est d’un strict intérêt local et ce qui peut avoir une audience internationale.
Il peut se tisser ainsi de nouveaux réseaux économiques, de nouveaux réseaux d’échanges d’informations et d’expériences.
À nous d’imaginer la promotion de ces fonctions nouvelles qui font que ce qui est local  » près de chez soi  » se connecte à ce qui est local  » là-bas « . Créons, en quelque sorte, les réseaux de l’interlocalité.
Ce n’est pas l’internet seul qui va faire tout cela. L’internet à lui seul ne fait rien. Un projet d’intérêt local ne va pas prendre une dimension internationale parce qu’il aura un site sur le réseau. Au contraire, on observe aujourd’hui que le développement de l’internet s’effectue beaucoup sur les marchés et les échanges de proximité.
Il nous faut donc inventer d’autres types de coopération décentralisée et imaginer de nouvelles formes de médiations, acquérir des réflexes d’ouverture au monde. Les pistes sont nombreuses.
Il nous faudrait, par exemple, susciter dans notre pays le développement d’une industrie dynamique de l’internationalisation et de la localisation. C’est un enjeu stratégique majeur pour l’ensemble de nos industries et pour le renforcement de nos capacités d’exportation.


1/ DEVELOPPER DE NOUVELLES STRATEGIES A L’EXPORTATION

Face au développement des industries culturelles de contenus liés aux technologies numériques, la France dispose de compétences très pointues et de talents qui osent innover. Ces industries doivent constituer les toutes premières priorités de nos stratégies industrielles.

A – Miser sur les marques, les portails et sur les sites de référence
Dans le foisonnement des contenus sur l’internet, les consommateurs auront toujours davantage besoin de repères. Ces repères, ce sont les marques. Nous avons en France des marques internationalement connues. Nous devons en développer d’autres.
Nous devrions étudier comment inciter davantage les entreprises, notamment les PME, à déposer leurs marques au niveau international et les encourager à protéger leur nom sur l’internet à l’échelle mondiale.
Une politique de marques s’allie bien évidemment à une politique de portails et de labellisation, que j’ai assez longuement développée dans le rapport que j’ai remis au Premier ministre.
Il faut privilégier les  » portails  » intuitifs pour l’internaute et leur délivrer un label qui attesterait du respect d’une charte de qualité.
Ces démarches sont de la responsabilité des associations professionnelles. Il faut les sensibiliser à ces enjeux. Les internautes ont besoin aujourd’hui d’être rassurés.
Pourquoi ne pas imaginer un  » label  » francophone de qualité, identifiable sous la forme d’un logo cliquable affiché en page d’accueil, qui renverrait sur un grand site portail. La charte d’attribution du label pourrait être élaborée de façon interactive.
N’oublions pas également l’enjeu des portails généralistes. Veillons à ce que les challengers français des Yahoo et autres Lycos puissent vivre et se développer. Leur disparition constituerait une perte irrémédiable pour notre pays.

B – Mailler l’Internet français et l’Internet local
Si ce n’est dans quelques pays francophones, notamment au Québec, l’internet français est peu connu.
Les actions proposées pour rendre l’internet français plus  » international  » doivent être accompagnées d’actions de promotion menées par nos Postes diplomatiques.
À court terme, il serait souhaitable que chaque Poste diplomatique ait élaboré un site Web, qui certes, aurait pour objectif d’informer sur les activités du Poste, sur la France et sur certaines démarches administratives, mais qui devrait également avoir pour ambition de  » mailler  » l’internet français avec l’internet local : promotion de l’internet français, des moteurs de recherche et des sites portails, de logiciels et de savoir-faire, renvoi sur le site France.fr, liens avec les sites locaux, etc.

C – Faire la promotion sur support numérique
De manière générale, nous n’utilisons pas suffisamment les techniques de la communication sur les nouveaux supports. Or, la mise en oeuvre de coopérations internationales par l’ensemble des opérateurs passe par la communication, la promotion et la publicité.
Par exemple, le Gouvernement canadien vient de réaliser un cédérom visant à promouvoir son savoir faire dans le domaine du multimédia. C’est une idée excellente dont nous pourrions nous inspirer avec profit.

D – Proposer aux services en ligne étrangers des contenus sur la France
Un étranger qui a besoin d’informations sur la France n’aura pas toujours le réflexe d’aller sur un site français. Il ira, soit sur un guide-annuaire dans sa langue, soit sur un moteur de recherche international.
La France doit  » se placer  » sur les sites internet étrangers et elle doit le faire dans la langue de ces pays.

2/ EMBARQUER LES ACTEURS ECONOMIQUES VERS DE NOUVEAUX MARCHES

Les technologies de l’information ouvrent pour nos acteurs économiques de nouveaux marchés qu’il convient de prospecter : multimédia, logiciels, solutions informatiques, équipements liés à la communication…Il n’est pas certain que, dans cette période intermédiaire, faute d’une attention particulière, il soit aussi facile d’identifier toutes les nouvelles fenêtres commerciales possibles et les différentes niches, avant qu’elles ne soient prises et ne se ferment rapidement.
Il faudra veiller, je crois, à ce que l’offre potentielle des PME françaises dans ce secteur soit bien décrite et puisse être présentée facilement sur les marchés étrangers.

A – Structurer autrement notre présence à l’étranger
Les sources françaises d’information économique et stratégique existent. La France dispose d’un réseau de Postes d’expansion économique très fourni et efficace.
Le site du CFCE est l’une des principales ressources économiques française sur l’internet clairement identifiée.
Pourquoi ne pas regrouper les sites du CFCE et de la DREE, ce qui aiderait les entreprises dans leurs recherches d’informations.
Créer à l’étranger des points de rayonnement international.
Aujourd’hui, nos implantations culturelles ou économiques à l‘étranger rayonnent peu en dehors du pays où elles sont implantées.
Ils n’ont pas, ou rarement, d’effets retour vers la France. En revanche, la Villa Médicis, parce qu’elle accueille des artistes français en résidence, parce qu’elle suscite des va-et-vient entre les cultures française et italienne, et, de fait, entre les cultures européennes, bénéficie d’un prestige international réel.Il nous faut imaginer nos  » Villas Médicis  » du XXIème siècle, culturelles et économiques tournées vers les technologies de l’information et mises en réseau.
Par exemple, pourquoi ne pas créer une  » Silicon Villa  » dédiée à l’infographie et aux images virtuelles, et l’installer dans la Silicon Valley.
Elle pourrait être mise en œuvre en collaboration avec plusieurs universités de technologie et des grandes écoles mais être aussi un support pratique pour les entreprises françaises.
J’ai proposé aussi une  » Villa Médicis des entrepreneurs  » implantée en Asie, à Hong-Kong ou dans une ville indienne, qui accueillerait des diplômés d’écoles de gestion et de management pour qu’ils élaborent sur place des projets de création d’entreprise sur des marchés étrangers.